D’une pierre deux coups, Serge Lutens dévoile ses deux dernières créations, Le participe passé et L’innommable. Ce dernier s’inscrit dans une nouvelle collection au design original.

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Serge Lutens est l’un des pionniers de la niche. A 76 ans, sa maîtrise dans l’art de cultiver le mystère ne fléchit pas. Il nous surprend de nouveau en dévoilant Gratte-ciel. Une nouvelle collection inspirée du film Metropolis (1927) de Fritz Lang, une critique de la société dans une métropole à l’architecture futuriste.

La collection Gratte-ciel comprend onze flacons noirs, filiformes qui évoquent la forme d’un building. Parmi ces onze fragrances, une nouveauté, L’innommable et 10 parfums incontournables de la marque : Fumerie turque, Tubéreuse criminelle, Louve, Chêne, De profundis, Muscs Koublaï Khan, Cuir mauresque, Bornéo 1834, Serge noire et Fille en aiguilles. Tous existent déjà dans la collection des flacons de table, à l’exception des deux derniers. Chacun des flacons Gratte-ciel est présenté au prix de 290 euros (100 ml), ce qui place cette collection, en termes de prix, entre celle des flacons de table et celle de la ligne Section d’or.

Difficile de mettre des mots sur L’innommable à part dire que c’est un parfum segmentant dans un style très Lutens. Un oriental boisé, épicé et miellé où l’on distingue des notes de benjoin et de fleurs blanches (absolu jasmin notamment) et un effet immortelle presque curry – le parfum revendique le cumin. En comparaison à un autre parfum à l’immortelle qu’est Sables de Goutal, L’innommable est plus jasminé. De fait, il pourrait plaire aux fans de parfums épicés pulpeux comme Femme de Rochas ou de floraux épicés opulents tels Opium ou Œillet Bengale d’Aedes de Venustas. Sur peau, le parfum peut également se révéler plus cuir (styrax, goudron), voire minéral.

La Collection Noire, qui comprend 17 fragrances au prix de 180 euros les 100 ml (la marque a finalement gardé aussi les 50 ml, vendus 120 €) s’agrandit avec une nouveauté. Le participe passé vient rejoindre les mythiques Féminité du bois, Fleurs d’oranger Clair de musc ou encore Dent de lait.

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Le participe passé et sa teinte brun-rouge aussi corsée que le jus !

Si le nom n’est pas très inspirant, notamment pour les anglophones, le parfum est plutôt réussi. Avec Le participe passé, Serge Lutens a souhaité mettre en odeur le passé qui s’invite dans le présent – on vous laisse méditer. En ce qui concerne l’odeur, on perçoit des notes résineuses, boisées, épicées, une impression forte de café (effet sucre candi, immortelle également) et une touche piquante probablement apportée par les aldéhydes et le bourgeon de cassis. La tête du parfum pourrait plaire aux fans d’A*Men de Thierry Mugler, mais le parfum est clairement plus sec et moins suave. Un parfum intrigant, de caractère, avec un sillage puissant qui ravira les amoureux de la marque.

Si vous êtes perdu(e) dans les collections de Lutens, on récapitule :
-Les Eaux, dont L’Eau froide et sa note d’encens rafraîchissante, ou encore L’Eau de paille
-La Collection Noire, nouveau nom des flacons rectangulaires (voir ci-dessus)
-Les Flacons de table, vendus dans la boutique du Palais Royal. Une ligne qui comprend 38 flacons en forme de cloches, au prix de 190 euros les 75 ml. Parmi les plus connus on peut cite Iris silver mist, Tubéreuse Criminelle mais aussi Chêne.
-Enfin la crème de la crème, la collection Section d’or qui se compose de huit extraits de parfum, de 450 à 600 euros, en format de 50 ml uniquement. On peut citer par exemple L’incendiaire, Cannibale, Veilleur de nuit ou encore l’atypique Bourreau des fleurs.

S’y rajoute donc la ligne Gratte-ciel, premium elle aussi, mais avec une filiation graphique avec la ligne la moins chère, Les Eaux. Les flacons sont munis d’une pompe, directement intégrée au flacon, contrairement à la Collection Noire. A défaut d’être facilement utilisable en splash, le parfum peut être décanté dans un mini flacon de voyage si vous le souhaitez.

Etes-vous tenté(e) par ces nouveaux produits ? Quel est votre création préférée de Serge Lutens ?

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3 commentaires à “Gratte-ciel, nouvelle collection de parfums Serge Lutens

  1. Laure

    Bonjour,

    Chez Lutens, on s’attarde toujours (moi la première) sur les noms surréalistes des parfums au détriment des fragrances.
    L’Innommable a l’air assez sage… mais son prix l’est bien moins.

    Bonne journée

    1. Parfumista Post author

      Bonjour Laure,
      Oui, c’est vrai que Serge Lutens aime bien les noms atypiques, surréalistes ou corrosifs.
      En fait, L’Innommable est relativement opulent et a pas mal de personnalité. Mais vous avez raison, son prix aussi ;-)

  2. Luc

    Le participe passé pourrait affiner ma curiosité, ses composants m’inspirent et la ligne du flacon tel que j’ai découvert il y a quelques temps.
    La nouvelle collection « Gratte-ciel » n’est pas pour moi. Plus du Lutens mais un semblant artistique qui enferme un jus, une création qui se situe entre l’imaginaire pour la forme et le réel pour le fond. Ce monsieur s’est fait plaisir mais oublie la majorité de celles et ceux qui l’ont porté et contribué à sa légende.

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