Naturalité, made in France, développement durable, valeurs humaines… De nombreuses marques de parfums affichent leur engagement pour séduire les consommateurs. Vraie tendance ou pas ?
floratropia recharges

Le monde change et les modes de consommation aussi. On se tourne vers des achats plus durables, en essayant de réduire notre impact environnemental. Chacun tente à son échelle, de soutenir le made in France, l’artisanat et le commerce équitable car participer à une bonne action nous fait du bien. Mais est-ce possible lorsque l’on achète du parfum ?

Plus de naturel

L’utilisation des matières synthétiques dans la parfumerie moderne remonte avant le succès du N°5 de Chanel en 1921. Depuis, leur utilisation s’est largement démocratisée. En effet, les molécules de synthèse permettent de considérablement élargir la palette du parfumeur et certaines sont à l’origine d’accords et de créations devenues mythiques. Mais la tendance évolue avec l’émergence de marques engagées. Comme Le Couvent (ex Couvent des Minimes) qui diversifie son offre avec des parfums 100 % vegan et contenant au minimum 92 % d’ingrédients d’origine naturelle. Ou encore Abel et Honoré des Prés, des parfums qui contiennent eux aussi au minimum 95 % d’ingrédients d’origine naturelle. Floratropia est une jeune marque prometteuse et très engagée que j’ai pu découvrir. Les compositions sont 100 % naturelles, vegan, sans colorants et sans substance issue de la pétrochimie. Leurs flacons sont réutilisables et les ingrédients issus de partenariats éthiques et durables.

golden neroli abel

Golden Neroli (Abel). Chaque parfum de la marque soutient une cause écologique ou humaine.

Un sourcing plus durable

La tendance globale d’aller vers une consommation responsable concerne également les grandes maisons du luxe et de la parfumerie. L’excellence et la passion les encourage à sans cesse vouloir s’améliorer. Aujourd’hui les marques et leurs parfumeurs souhaitent retourner à l’essentiel, en utilisant moins de matières, mais mieux choisies, en polluant moins et en soutenant les cultures de plantes à parfums à travers le monde. La maison Dior par exemple a un partenariat exclusif avec Le Domaine de Manon, des producteurs grassois de rose de mai et de jasmin de Grasse, afin de préserver leur culture et le patrimoine familial qui en découle. Chanel a franchi le cap en 2009, en s’engageant à replanter chaque arbre de santal coupé pour l’extraction de son huile essentielle en Nouvelle-Calédonie. Les exemples comme ceux-ci deviennent de plus en plus nombreux.

Plus écolo

D’autres petits gestes écoresponsables sont à noter en parfumerie. Il y a bien sûr Mugler, marque pionnière avec ses flacons rechargeables à la source à l’infini. D’autres marques s’associent à des causes soutenant l’environnement, comme Davidoff, qui reverse une partie des ventes de son eau de toilette Cool Water en faveur de la protection des océans.

Flacon ressourçable, bilan carbone neutre dès le lancement, partenariats éthiques, visuels publicitaires non retouchés : My Way d’Armani affiches ses valeurs. Le jus est un floral blanc suave dans le style de l’Interdit (2018) de Givenchy

Plus durable, plus local

Aujourd’hui, de plus en plus de marques made in France voient le jour sur le marché, certaines soutenues par de grands groupes pour qui la consommation responsable devient une priorité comme les Galeries Lafayette et leur mouvement Go For Good. Ma dernière découverte, Le Parfum Citoyen, est une marque émergente née d’un financement participatif. Elle prône la production locale à tous les niveaux de la création du parfum : de la culture des parcelles, à l’extraction des molécules odorantes en passant par le packaging. La production locale a ici deux effets : moins de transports entre les fournisseurs et donc moins de CO2, mais aussi une préservation des emplois dans la région.

Ce que j’aime lorsque j’achète un parfum, c’est partager une passion commune avec toutes les personnes qui ont participé à la création de celui-ci et qui font de leur mieux pour améliorer les choses. En sélectionnant ce que l’on achète et en se tournant petit à petit vers un mode de consommation plus responsable, chacun participe à créer une parfumerie moderne et à soutenir les nouvelles maisons.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? Vous sentez-vous concerné(e) ou trouvez-vous que certaines marques en font trop dans le discours, quitte à faire du greenwashing ?

 

Plus d’infos :
Abel : https://www.abelodor.com/
Floratropia : https://floratropia.com/
Le Couvent : https://www.lecouventparfums.com/fr/
Le Domaine de Manon : http://domainedemanongrasse.com/
Le Parfum Citoyen : https://www.leparfumcitoyen.fr/

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3 commentaires à “Vers des parfums plus éthiques ?

  1. Laure

    Bonjour,
    Je suis d’accord pour faire des efforts pour la planète, mais point trop n’en faut. Un beau flacon avec une fragrance réussie ne fait pas de mal, bien au contraire.
    Malgré votre enthousiasme, Floratropia ne me tente pas. Le packaging ressemble à des recharges, celles dont regorgent mes placards…
    Lancôme a fait des efforts pour Idôle, efforts qui me conviennent bien car ils sont mesurés.
    Bon week-end parfumé

    1. Parfumista

      Bonjour Laure,
      Les articles « Opinion Parfum » sont parfaits pour donner son ressenti personnel !
      Merci de votre commentaire sincère (et mesuré ;-) ).
      Bon week-end et à bientôt

  2. Max

    Je suis tout à fait d’accord avec Laure pour Floratropia. Le marketing consiste à faire tenir en équilibre les avantages et inconvénients et le plus souvent, plus il y a d’avantages proposés au consommateur, plus l’inconvénient va être le prix.
    Avec le « parfum responsable », certaines maisons font d’une pierre deux coups : elles se donnent une image responsable avec un packaging écolo et font des économies sur ce même packaging vu qu’il ne doit pas coûter grand chose. Et elles vendent leurs parfums le même prix qu’un parfum avec un packaging élaboré !
    Ici, Floratropia fait même payer ses flacons séparément (25 € le flacon vide de 20 ml). Payer presque 90 € un coffret de 40 ml de parfum + un flacon vide de 20 ml, je trouve que c’est du grand n’importe quoi.
    Je suis d’accord sur le fait que des créateurs de parfums inconnus peuvent imaginer de véritables chefs-d’œuvre, mais les chances sont minces, alors que le prix payé est très tangible.
    Donc essayer de créer des produits responsables, oui. Mais créer des produits responsables pour faire plus d’argent quitte à les réserver à une élite, non. Pour moi, Floratropia doit faire ses preuves avant d’afficher les mêmes tarifs que les plus grands.

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