Grâce aux parfums, pas besoin de prendre l’avion pour voyager. De l’Inde à l’Egypte en passant par Madagascar, Scentifolia vous propose 3 parfums pour s’évader loin du quotidien.

couleur vanille l artisan parfumeur

Couleur Vanille, L’Artisan Parfumeur :

Partez pour Madagascar en compagnie d’Aliénor Massenet. Vous visitez ensemble les plantations de vanille dans la Sava, une région côtière humide balayée par les alizés. Les producteurs locaux vous font part de leur savoir-faire alors que vous observez des lianes qui s’enroulent autour des troncs d’arbres. Ce sont des orchidées dont les fleurs donneront naissance à des gousses vertes. Elles seront étuvées et prendront alors leur belle robe chocolat avant d’être séchées. Les arômes chers aux parfumeurs se développeront lors de la lente phase de maturation, la vanille n’a maintenant plus de secrets pour vous !

Après Vanilia (1978) et Vanille Absolument (2009*), l’Artisan Parfumeur propose une nouvelle destination aux amateurs de vanille. Aliénor Massenet met en lumière une orchidée solaire vaporisée d’embruns. La liane apparaît en premier, elle s’élance élégamment vers une bergamote d’une fraîcheur éclatante et iodée. Cet envol végétal est supporté par un bois de cachemire aux accents cuirés. La facette verte de la gousse de vanille s’associe alors à un freesia velouté piqué d’un brin d’immortelle. Cette vanille suave, à la fois caramélisée et salée, colore subtilement l’air du vent.

La légèreté ensoleillée de Couleur Vanille pourrait bien séduire les adeptes de Vanilla Vibes (Juliette Has a Gun), une vanille solaire et iodée au doux parfum de vacances.

IF by R.K.**, Frapin :

Les parfums Frapin rendent hommage à Rudyard Kipling, un écrivain entre ombre et lumière. Kipling a passé les premières années de sa vie en Inde, des années magiques dans un univers coloré aux airs de paradis perdu. Son poème le plus célèbre, If***, a quant à lui un destin plus sombre. L’auteur s’adresse à son fils John, alors âgé de 12 ans. Il lui donne de précieux conseils afin qu’il concrétise ses rêves en toute probité. John défendra sa patrie lors de la Première Guerre mondiale, vivement encouragé par son père. Il disparaîtra dans les tranchées en 1915, laissant derrière lui un père abattu par la culpabilité.

If met à l’honneur le santal de Mysore. Ce bois précieux est auréolé d’épices fraîchement moulues. Le gingembre, le poivre et la cannelle font vibrer cette composition chaleureuse et exotique. Une poudre colorée qui procure une énergie apaisante. Les épices infusent lentement dans un lait de figue aux saveurs de l’enfance. Le bois se fait tendre, le santal se mue en noix de coco en s’associant à la fève tonka. Le petit d’homme grandit et marche dans les pas d’une structure boisée et baumée bien présente. Il foule sa terre d’origine, au cœur d’une nature verdoyante et arborée, le sourire aux lèvres et l’âme en paix. Une création d’Anne-Sophie Behaghel de Flair.

cairo penhaligons if frapin

Cairo, Penhaligon’s :

Le soleil se lève sur Le Caire, une cité mystique et majestueuse. Une ruelle court le long des remparts de la ville, elle est bordée d’échoppes colorées. Les paniers en osier regorgent d’épices aux arômes envoûtants, doux ou brûlants. Une silhouette apparaît derrière les volutes d’encens safranées, vous la suivez dans la chaleur incandescente de ce dédale parfumé. Vous tentez de la suivre à travers la foule animée, vous la perdez de vue mais son sillage fleuri vous montre le chemin. Ce parfum suave vous mène au cœur d’un élégant jardin de roses antiques aux effluves balsamiques et vanillés. Alors que la silhouette s’est évanouie, trois statuettes en bois semblent vous observer. Elles veillent ensemble sur ce lieu unique :  le bois de santal, le cèdre et le patchouli sauront allier leurs vertus pour protéger et élever les âmes tourmentées.

Cairo est le septième parfum de la collection « Trade Routes » inspirée par les routes historiques du commerce. Le parfumeur Christophe Raynaud a choisi des ingrédients emblématiques de l’ancienne route des épices : le safran, les bois précieux et les résines entourent une rose de Damas chatoyante. Cette composition riche et somptueuse évolue sur un fond boisé profond et mystérieux qui révèle des facettes miellées et cuirées, illusoirement teintées de oud.

 

Et vous, quels parfums vous font voyager en ce moment ? Etes-vous tenté(e) par une de ces créations ?

 

(*) parfum initialement nommé Havana Vanille

(**) R.K. sont les initiales de Rudyard Kipling

(***) également connu en France sous le titre « Tu seras un homme mon fils »

6 personnes aiment cet article.
Partagez cet article

7 commentaires à “Couleur Vanille de L’Artisan Parfumeur, Cairo de Penhaligon’s, If de Frapin : parfums d’ailleurs

  1. Virginie Valentin

    Coucou Kathleen,
    Encore une fois, un voyage tant dans l’exploration des créations de l’Artisan Parfumeur qu’à travers cette végétation luxuriante.
    Même si le parfum Vanilia me manque… Assurément.

  2. Max

    Je dois bien admettre que ma seule approche du travail d’Aliénor Massenet a été plutôt catastrophique : Jazz Club de Maison Martin Margiela. J’avais beaucoup d’espoir lorsque j’ai commandé mes échantillons, et la désillusion a été immédiate, je n’ai pas du tout accroché. Et cette pauvre Mme Massenet qui s’attaque à une vanille de l’Artisan Parfumeur, après la disparition d’Havana Vanille, la seule vanille que j’ai jamais appréciée. Je lui souhaite de tout cœur de rencontrer le succès avec cette création, parce que la barre était placée très haut en matière de vanille… Et même si une vanille iodée ne m’inspire pas vraiment, je vais essayer de me pencher sur ce parfum sans a priori.
    Pour ce qui est de Frapin, j’ai découvert cette maison il y a très peu de temps (trois ou quatre jours) en commandant Eau Sento de Iunx sur le site Nose. J’ai acheté tous les échantillons des parfums Frapin que je pouvais. Et à une exception près (Nevermore, dont la rose est trop féminine à mon goût), tous les parfums sont à mon goût, certains plus que d’autres. Et pourtant, pour If, c’était mal parti : mis à part la figue et la fève tonka, la composition ne correspondait pas vraiment à mes préférences… Ce n’est pas mon favori de chez Frapin, mais je le trouve tout de même très agréable !

    1. Parfumista

      Bonjour Max, merci de votre message.
      Le problème de Jazz Club et de la gamme Replica dans son ensemble est la catégorisation qu’en a fait L’Oréal. Les parfums sont plutôt originaux mais pas tout à fait niche, cependant ils ne se vendent pas ou pas bien en parfumeries traditionnelles donc ils sont proposés en parfumeries de niche. Et quand on compare avec un L’Artisan Parfumeur ou un Frapin par exemple, ça ne fait pas tout à fait le poids, olfactivement parlant.
      La marque a légèrement corrigé le tir, depuis, avec des eaux de parfum plutôt que des eaux de toilette et quelques créations tirent cependant leur épingle du jeu. Mais ce Jazz Club est vraiment très mec et ressemble à une création mainstream qu’auraient pu lancer Yves Saint Laurent ou Armani (2 marques de L’Oréal elles aussi). Visiblement le curseur n’a pas été bien placé.

      1. Max

        Je viens de sentir à nouveau Jazz Club, et je ne suis peut-être plus aussi définitif qu’avant. Je n’accroche toujours pas, mais il n’est pas aussi repoussant que je l’ai laissé croire dans mon commentaire. Le jour où j’ai senti mon échantillon pour la première fois, j’en attendais tellement que la déception m’a peut-être laissé plus de marque que le parfum lui-même.
        Mais en effet, je n’avais pas le nez assez fin pour me rendre compte qu’il est bien de la même veine qu’un Armani (et j’imagine très bien la publicité qui pourrait lui être créée : un chippendale dans un bar anglais avec la chemise outrageusement ouverte, l’œil lubrique, qui s’éclabousse de whisky sur un siège en cuir… Aimera ? Aimera pas ?), très brut de décoffrage, qui veut entretenir le fauve qui sommeille en chaque homme, quitte à découvrir plus tard que c’est juste un chat domestique…
        Le curseur n’a pas été bien placé, en effet, mais je me demande un peu pourquoi. « Aliénor Massenet », quand on s’intéresse un minimum au parfum, c’est un nom qu’on voit circuler ; de temps en temps on tombe dessus. Pas autant que des Jean-Claude Ellena ou Alberto Morillas (très en vogue en ce moment d’ailleurs, Monsieur Morillas) mais tout de même, on connaît ! Et dans le milieu de la parfumerie, quand un nom est connu, on sait qu’il y a du talent derrière.
        Alors comment se fait-il qu’une marque qui se revendique de niche et qui fait appel à une parfumeuse connue, capable de faire de la niche, finisse par sortir un jus typique de la parfumerie conventionnelle ? Finalement, je me demande un peu où est-ce qu’ils l’ont placé, leur curseur, pour être autant à côté de la plaque…

  3. Laure

    Cairo de Penhaligon’s est le parfum qui me tente le plus pour un voyage. J’aime les fragrances qui m’évoquent un paysage, une ambiance, un dépaysement.
    Mont de Narcisse me transporte en Auvergne, un paysage montagneux avec ses volcans et son air pur.
    Merci à Scentifolia pour cette nouvelle sélection.

    1. Parfumista

      Merci Laure. Ça nous fait plaisir de vous faire voyager en odeurs (à défaut de pouvoir voyager pour de vrai).
      Et merci à Scentifolia en effet pour cette belle sélection.
      Vivement la liberté de pouvoir voyager à nouveau ;-)

  4. pierrodel

    Je ne connais aucun des 3, et je ne suis pas trop attiré ni par la note de vanille, ni par la rose de Cairo ; donc par élimination, celui qui me tenterait le plus serait le Frapin, mais il faudra encore attendre un peu.

Leave a reply to pierrodel Annuler la réponse.

obligatoire