Parfumeur, blogueur et avant tout passionné de belles essences, Thierry Blondeau nous donne son avis d’expert sur 5 parfums récemment sortis : Lui de Guerlain, Pirates’ Grand Reserve (Atkinsons), Incident Diplomatique (Jovoy) et La Femme Prada & La Femme Prada Intense.

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Lui (Guerlain) : Un joli accord œillet myrrhe. Il est contrasté par des notes de têtes épicées et solaires et un fond très Guerlain (myrrhe, fève tonka…). Son évolution est à la fois ambrée et boisée avec un clin d’œil à des créations de la marque telles que Bois d’Arménie et Ambre Eternel. En dépit de son nom, Lui est mixte. Le nom et le flacon font écho à Liu, un parfum fleuri-aldéhydé de Guerlain de 1929.

La Femme Prada & La Femme Prada Intense* : J’aime bien les notes solaires florales blanches et légèrement abricotées de La Femme Prada. C’est féminin et voluptueux. J’imagine Monica Bellucci avec un décolleté pigeonnant. La version Intense est très originale. Beaucoup plus vénéneuse. La tubéreuse, déjà présente dans la version originale se fait ici plus sombre, plus énigmatique. Le sillage est renforcé par des facettes miellées et orientales.

Incident Diplomatique (Jovoy**) : Le départ est relativement épicé, avec un effet girofle. Puis le parfum devient très vétiver. Un vétiver boisé, fumé mais paradoxalement assez froid. En évolution, Incident Diplomatique est davantage dans les notes sous-bois, mousse, lichen. Olfactivement ça plaira sans doute davantage aux hommes qu’aux femmes.

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Pirates’ Grand Reserve (Atkinsons***): Première impression : une vodka au caramel. Un accord très vanillé, un effet cacao, chocolat blanc. L’univers est très liquoreux, la fragrance évolue davantage vers des notes rhum, cognac. Mais au-delà de ce caractère gustatif, s’installe une note boisée cuir renforcée de facettes animales. Sur ma peau, c’est très cuir. Le parfum développe également un caractère poudré et des facettes boisées ambrées. C’est à la fois commercial et très bien fait. J’aime beaucoup.

 

(*) La Femme Prada a été lancée en 2016, la version Intense est une nouveauté 2017. / Note Parfumista

(**) Disponible sur le site jovoyparis.com ; (***) Disponible au Printemps

 

Et vous, avez-vous testé ces parfums ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

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3 commentaires à “Lui de Guerlain, La Femme Prada, Incident Diplomatique… : Sniff-test Parfumista

  1. Laure

    Bonjour,

    Tout est tentant parmi la sélection, mais avec un petit plus pour Lui dont le flacon est un véritable écho à Liu. Œillet, fève tonka, myrrhe me font également penser à une fragrance mixte. Y retrouve-t-on la guerlinade ?

    Quant au nom Incident Diplomatique, je le trouve très original et osé pour un parfum ;)

    Bon week-end parfumé !

    1. Parfumista

      Bonjour Laure,
      Merci de votre message.
      Si vous aimez la guerlinade, vous devriez aimer Lui. Cela dit rien à voir avec Shalimar ou L’Heure Bleue. La vanille est jouée moderato, l’accord ambré est plus moderne et boisé et l’effet poudré est ici apporté par l’oeillet en petites touches.
      C’est une jolie nouveauté « mixte » qui évite l’écueil du gourmand ou des « bois qui piquent ».
      Le sillage est lui aussi modéré, mais le prix, moins (160 € les 50 ml).
      A tester sur peau pour se faire une idée.
      A bientôt sur Parfumista

  2. Lorraine

    Liu… presque Lui. Drôle de clin d’œil pour une essence qui peut aussi être portée par « le beau sexe » (formule plus classe que le sexe faible).
    Etait-ce une manière, bien en avance sur son temps, de connoter l’ambivalence potentielle des individus, les transformations possibles… notamment au cœur de certains cabarets parisiens dans le quartier des nuits chaudes de la capitale ?
    Je me souviens, il y a des années de cela (1994, 1996 ?), avoir vu dans une parfumerie « de ville », tout en haut d’une étagère, la réplique -présentée comme étant à l’identique- du flacon de style Art Déco de Liu.
    Ce cube massif de forme carrée (rappelant un peu Vol de nuit), noir, aux coins coupés, au bouchon siglé, avec en son centre comme voulant couper ce bloc en deux, l’étiquette dorée -massive elle aussi- avec les 3 lettres -nommant ce jus- noir sur or, inscrites en vertical et à la base de ladite étiquette, le patronyme Guerlain écrit en caractère bien plus petits, horizontalement ainsi qu’une ligne en dessous (contenance…) présenté dans un coffret.
    Amatrice de parfums bien connue des vendeuses, l’une d’elle alla me chercher ledit flacon pour me le présenter ; même si elle savait que, jamais je n’aurais pu m’offrir ce bijou.
    Il s’abritait dans une boite étrange qui reprenait les codes du flacon : forme, couleurs. Seul ce qui devait représenter le bouchon était légèrement différent.
    Comme il se doit, il s’agissait là d’une édition limitée, numérotée, avec un nombre restreint de ventes en France, un peu plus pour l’étranger.
    La maison imagina, à juste titre, que tout un chacun ne pouvait dépenser une somme conséquente pour semblable acquisition, quand bien même son jus fascinait. C’est pourquoi elle offrit à la vente un vaporisateur, d’une contenance intermédiaire, renfermant, si je me souviens bien (mais pas sûre) l’eau de parfum… Ce n’étaient pas les flacons Guerlain tels que nous les connaissions habituellement ; il s’agissait, là, d’un vaporisateur plus classique avec un léger épaulé fermé par un joli bouchon, or et noir… comme il se doit.
    Bien que ce ne fut pas une édition limitée et encore moins numérotée, cette présentation ne fut vendue qu’un très court laps de temps. C’est un des nombreux cadeaux parfumés de ma défunte mère…
    Lorsque je sens l’orifice par lequel était libéré ce jus extraordinaire, je ne peux m’empêcher de repenser à ce parfum de fourrure : c’est ainsi qu’il m’était apparu lorsque, olfactivement, je l’ai découvert… Oui, je l’imaginais fort bien se lover au plus profond de cette toison animale et, au moindre passage d’air, libérer quelques molécules laissant ainsi trace du passage de cette dame qui portait, outrageusement mais avec un panache certain, ce couple au puissant « venin ».
    On eu pu très bien l’imaginer l’héroïne gagnante d’un roman noir.
    A l’époque, je trouvais que ses notes de fleurs puissantes et d’épices [qui ne l’étaient pas moins] lui donnaient un côté animal… et mon imagination galopante me faisait songer à une fleur cannibale. Allez savoir !

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